Volume 20 - Numéro
1 - 2009
Les systèmes fluviatiles
des bassins versants de la Moselle et du Rhin (France, Allemagne, Luxembourg)
Coordinateurs:
Dominique HARMAND, Serge OCCHIETTI & Stéphane CORDIER
David BRIDGLAND, Rob WESTAWAY, Stéphane CORDIER
LES CAUSES DE L’ÉTAGEMENT DES TERRASSES ALLUVIALES À
TRAVERS LE MONDE. 5-23
FACTORS AFFECTING THE WORLDWIDE DEVELOPMENT OF LONG-TIMESCALE
FLUVIAL TERRACE STAIRCASES
RÉSUMÉ :
Une comparaison entre les systèmes de terrasses alluviales de
nombreux cours d’eau en Europe et dans le monde a été menée
à partir des données collectées dans le cadre du projet
IGCP (International Geoscience Programme) n° 449. Si les terrasses alluviales
paraissent refléter les déformations crustales affectant les
masses continentales, les séquences alluviales mises en évidence
depuis plusieurs décennies dans le monde entier témoignent
également d’une réponse aux fluctuations climatiques. L’augmentation
des vitesses de soulèvement des masses continentales apparaît
ainsi contemporaine, et peut-être en relation, avec la Révolution
du Pléistocène moyen qui marque le début de la prépondérance
des cycles de 100 ka de Milankovitch dans les fluctuations climatiques. Les
terrasses antérieures apparaissent de fait comme de vastes épandages
alluviaux, composés de plusieurs formations pouvant chacune refléter
un cycle de 41 ka. La formation des terrasses plus récentes, préservées
dans des vallées sensiblement plus encaissées, apparaît
en revanche contrôlée par les cycles de 100 ka, chaque terrasse
étant plus ou moins associée à un cycle. L’objectif
de cet article est d’analyser et de comparer, à partir des données
récemment acquises, l’évolution de systèmes fluviatiles
situés sous des climats ou dans des provinces crustales diverses,
ou ayant un nombre variable de terrasses, ou encore dans lesquels la place
de l’incision dans le cycle climatique diffère.
ABSTRACT: A comparison of fluvial
terrace sequences from around the world, based on data collected as part
of International Geoscience Programme (IGCP) Project No. 449, has revealed
significant patterns. River terraces provide important records of uplift,
which is essential for their formation, and of landscape evolution. Their
cyclic formation, however, almost invariably seems to have been a response
to climatic fluctuation. Sequences in the European core area of IGCP 449,
which has the longest and most extensive research history, have been used
as templates for worldwide comparison. There is evidence for a global acceleration
of uplift at the time of, and perhaps in response to, the Mid-Pleistocene
Revolution, when climatic fluctuation switched to 100 ky Milankovitch cycles.
Terraces formed prior to this generally consist of wide aggradational sheets
that probably each represent formation over several 41 ky cycles. Subsequently,
river valleys became more steeply entrenched and terraces formed in response
to the stronger 100 ky climatic forcing, in many cases at approximately one
per cycle. This paper uses the new data resource to explore differences between
records in different climate zones and crustal provinces, between sequences
with variable numbers of Middle-Late Pleistocene terraces and between systems
in which the all-important incision event has occurred in different parts
of climatic cycles.
Jörg LÄMMERMANN-BARTHEL, Inge NEEB, Matthias HINDERER,
Manfred FRECHEN
LAST GLACIAL TO HOLOCENE FLUVIAL AGGRADATION AND INCISION IN THE SOUTHERN
UPPER RHINE GRABEN: CLIMATIC AND NEOTECTONIC CONTROLS.
25-34
DÉPÔT ET INCISION FLUVIATILES DANS LE SUD DU FOSSÉ DU
RHIN SUPÉRIEUR DU DERNIER GLACIAIRE À L´HOLOCÈNE
: CONTRÔLES CLIMATIQUES ET NÉOTECTONIQUES
ABSTRACT: We present a new
model of landscape evolution for the southern Upper Rhine Graben based on
analysis of Digital Elevation Models, new OSL and 14C dating, and a sediment
budget. According to these data a three step scenario was developed (i) between
ca. 60 to 16 ka BP accumulation of an alluvial fan in the southern Upper
Rhine Graben, here called Upper Rhine Fan, downstream of the mouth of the
Hochrhein valley. This fan is mostly composed of coarse-grained meltwater
deposits. (ii) 16 to 10 ka BP incision of the Upper Rhine Fan and accumulation
of a successive fan further downstream by redepositing the eroded sediments
(iii) 10 ka BP to present incision of the Rhine river into the younger fan
leading to the present situation. Only phase (i) has experienced a significant
sediment supply from the Alps and/or Alpine foreland. During the middle Würmian,
fluvial aggradation is proved by several ages from sand lenses between ca.
60 and 27.5 ka BP. The period between ca. 27.5 and 16 ka BP is represented
by a single or few layers of coarse-grained cobble and boulder-rich gravels
and blocks. Because sand lenses are lacking they cannot be dated directly,
but most presumably their deposition was related to the Late glacial meltdown.
The repeated incision of the two fan surfaces after the Last Glacial Maximum
and the Younger Dryas may be caused by high inputs of sediment-poor meltwater
at this time.Weak Holocene aggradations may be linked with periods of climatic
deterioration, tectonic pulses, and direct human impacts.
RÉSUMÉ :
Le nouveau modèle évolutif présenté
pour le Sud du fossé du Rhin supérieur a été
obtenu à partir de l´analyse des isohypses, des nouvelles datations
OSL et 14C et du budget sédimentaire. Cette évolution s’est
déroulée en trois phases : (i) de 60 à 30 ka B.P., un
cône alluvial, appelé ici « Cône du Rhin supérieur
» s’est constitué dans le Sud du fossé du Rhin supérieur,
immédiatement en aval de la vallée du Haut-Rhin ; ce cône
est constitué essentiellement de dépôts grossiers mis
en place par des eaux de fonte ; (ii) de 16 à 10 ka B.P., l’incision
du « Cône du Rhin supérieur » a pour conséquence,
plus loin en aval, la construction d’un second cône à partir
des sédiments érodés et (iii) de 10 ka B.P. à
l`actuel, l’incision du Rhin dans le cône le plus récent est
responsable de la morphologie actuelle. Les volumes considérables
de sédiments provenant des Alpes ou de leur Avant-pays ont été
transportés uniquement pendant la phase (i). L’aggradation fluviatile
du milieu du Würm est démontrée par les datations obtenues
sur les lentilles de sable qui ont livré des âges de 60 à
27,5 ka B.P. La période comprise entre 27,5 et 16 ka B.P. est représentée
par une simple ou plusieurs séquences de gravières grossiers.
En l’absence de datations absolues, on suppose que ces derniers sont corrélés
à la fonte des glaciers à la fin du Würm. Les incisions
des deux cônes après le dernier maximum glaciaire et le Dryas
récent seraient à mettre en relation avec l’apport de grandes
quantités d`eaux froides pauvre en sédiments. Les dépôts
peu volumineux de l’Holocène peuvent être reliés aux
périodes de détérioration climatique, aux mouvements
tectoniques ou aux impacts dus à l’Homme.
Stéphane CORDIER, Manfred FRECHEN, Dominique HARMAND
THE PLEISTOCENE FLUVIAL DEPOSITS OF THE MOSELLE AND MIDDLE RHINE VALLEYS:
NEW CORRELATIONS AND COMPARED EVOLUTIONS. 35-48
LES ALLUVIONS ANCIENNES DU RHIN MOYEN ET DE LA MOSELLE DANS
LE MASSIF SCHISTEUX RHÉNAN : NOUVELLES CORRÉLATIONS ET ÉVOLUTIONS
COMPARÉES
ABSTRACT: The River Moselle is one of the
main tributaries of the Rhine, connecting the Vosges Massif, the Paris Basin
and the Rhenish Massif. Research on fluvial archives preserved along the
Moselle and Rhine valleys led to the recognition of well-developed fluvial
terrace staircases, whose formation is the result of climate and tectonic
forcing. The chronostratigraphical framework of these fluvial terraces was
recently improved by applying luminescence dating methods, enabling a more
reliable correlation of the Middle and Upper Pleistocene terraces for the
River Moselle and the Middle Rhine valley (Rhenish Massif). The Moselle fluvial
archives were morphologically, sedimentologically and chronologically studied
in the Paris Basin and in the southwestern Rhenish Massif (area of Trier,
Germany). They include eight middle and lower fluvial terraces, correlating
with the middle and upper Pleistocene cold periods. All these fluvial terraces
(except that formed during the Weichselian Early and Middle Pleniglacial)
can be correlated with the seven youngest fluvial terraces recognized in
the Middle Rhine. Minor differences in the elevation of contemporaneous terraces
suggest differential uplift rates in both valleys: while the Neuwied tectonic
basin (Middle Rhine area) presents a similar fluvial terrace system as the
Moselle for the Middle and Upper Pleistocene, the other parts of the Middle
Rhine valley showed greater uplift between 600 and 350 ky, coinciding with
the development of intensive volcanic activity in the Eifel, which continued
until recently.
RÉSUMÉ :
La Moselle est l’un des principaux affluents du Rhin, reliant le Massif vosgien,
le Bassin parisien et le Massif schisteux Rhénan. Les recherches récentes
menées sur les archives fluviales des deux cours d’eau ont abouti
à la reconnaissance de terrasses alluviales étagées
bien préservées, dont la formation résulte à
la fois d’un forçage interne et de l’influence climatique. Le calage
chronologique des dépôts a été récemment
amélioré par le recours à des datations absolues par
luminescence, permettant une meilleure corrélation des terrasses alluviales
du Pléistocène moyen et supérieur de la Moselle avec
celles du Rhin, en particulier dans le Massif schisteux (Rhin moyen). Huit
moyennes et basses terrasses alluviales de la Moselle ont été
distinguées sur la base d’analyses morphologiques, sédimentologiques
et chronologiques, et rapportées aux périodes froides du Pléistocène
moyen et supérieur. Ces terrasses alluviales (sauf celle du début
et du milieu Pléniglaciaire weichsélien) peuvent être
corrélées avec les sept terrasses alluviales les plus récentes
préservées dans le Rhin moyen. Des différences dans
l’altitude relative de terrasses alluviales contemporaines indiquent que
les phases d’incision peuvent être associées à des vitesses
de soulèvement inégales d’une vallée à l’autre.
Ainsi, alors que le bassin tectonique de Neuwied présente pour le
Pléistocène moyen et supérieur un système de
terrasses alluviales comparable à celui de la Moselle dans la région
de Trèves, les autres sections de la moyenne vallée du Rhin
témoignent d’un soulèvement plus marqué entre 600 et
350 ka, c’est-à-dire au moment où le volcanisme de l’Eifel
était actif.
Rob WESTAWAY, Stéphane CORDIER, David BRIDGLAND
ÉTUDE DU SOULÈVEMENT PLÉISTOCENE DANS LE NORD-EST
DE LA FRANCE ET LE SUD-OUEST DE L’ALLEMAGNE D’APRÈS LES TERRASSES
DU BASSIN DE LA MOSELLE : RELATION AVEC LES PROPRIÉTÉS CRUSTALES.
49-61
QUATERNARY UPLIFT OF EASTERN FRANCE AND WESTERN GERMANY
AS REVEALED BY TERRACES OF THE RIVER MOSELLE: RELATIONSHIP TO CRUSTAL PROPERTIES
RÉSUMÉ : Les
terrasses de la Moselle et de son affluent la Meurthe permettent d’évaluer
le soulèvement dans le Nord-Est de la France et le Sud-Ouest de l’Allemagne
depuis le Pliocène. Le soulèvement est estimé à
environ 120 m depuis la « révolution climatique du Pléistocène
moyen » (v. 0,9 Ma), à environ 160 m depuis 2 Ma et à
environ 180 m depuis la fin de l’optimum climatique mi-Pliocène (vers
3,1 Ma). Plusieurs phases de soulèvement peuvent être distinguées,
le début de chacune d’entre elles coïncidant avec une modification
dans le rythme des fluctuations climatiques définies dans le temps
long. Cette coïncidence suggère que le soulèvement observé
est lié à des augmentations dans l’intensité des processus
de surface associés aux changements climatiques (en particulier l’érosion).
Ce lien est confirmé par l’utilisation de modèles numériques
qui permettent en outre de montrer que les changements brutaux observés
pour les vitesses de soulèvement dans le bassin de la Moselle sont
déterminés par la faible épaisseur de la couche mobile
dans la croûte inférieure, lui-même généré
par sous-placage mafique à la base de la croûte. L’étude
des enregistrements sédimentaires de la Moselle et de la Meurthe met
ainsi en évidence des modèles de réponses du milieu
qui sont caractéristiques de la plus grande partie du continent européen.
ABSTRACT: The fluvial
terraces of the Meurthe-Moselle provide a record of uplift in northeastern
France and southwestern Germany dating back to the Pliocene. The uplift has
amounted to ~120 m since the Mid-Pleistocene Revolution in climate at ~0.9
Ma, with ~160 m estimated since ~2 Ma and ~180 m estimated since the end
of the Mid-Pliocene climatic optimum at ~3.1 Ma. The uplift has occurred
in phases, each starting at a point in time that is established as a time
of long-timescale climate change, suggesting that increased rates of surface
processes associated with the climate change, principally, erosion, are the
cause of the observed uplift. Numerical modelling supports this deduction,
and also indicates that the abruptness of the start of each of the phases
of uplift in this study region is a consequence of the thinness of the mobile
lower-crustal layer, as a result of mafic underplating at the base of the
crust. The Meurthe-Moselle record thus provides a clear case study demonstrating
patterns of landscape response that are characteristic of much of Europe.
Monique BEINER, Dominique HARMAND, Stéphane CORDIER, Serge
OCCHIETTI
LES MINÉRAUX LOURDS DES ALLUVIONS QUATERNAIRES DU BASSIN
DE LA MOSELLE : NOUVELLES DONNÉES. 63-80
THE HEAVY MINERALS OF QUATERNARY FLUVIAL DEPOSITS IN THE MOSELLE
BASIN: NEW DATA
RÉSUMÉ : De nouvelles études
de minéraux lourds permettent de mieux connaître l’origine des
alluvions quaternaires du bassin de la Moselle (NE France) et les modalités
de leur dépôt. Les prélèvements ont été
effectués dans cinq secteurs distincts : le versant lorrain des Vosges
cristallines (vallée de la Cleurie), le piedmont occidental des Vosges
gréseuses (bassins de la Meurthe et de la Sarre), les vallées
de la Sarre supérieure et inférieure, ainsi que la vallée
de la basse Moselle. Dans le bassin supérieur de la Moselle, les sables
prélevés dans les dépôts glaciaires de la moraine
composite du Pré J’Espère (vallée de la Cleurie) sont
composés majoritairement de tourmaline et de zircon, provenant d’altérites
du socle des Vosges moyennes remaniées par la glace lors d’une phase
d’englaciation. Deux échantillons de till de fond et de till d’ablation
possèdent un spectre minéralogique plus diversifié.
Les cônes de piedmont des Vosges du Nord et de la vallée de
la Sarre supérieure ne comportent que des éléments issus
de l’altération des grès vosgiens sensu lato : minéraux
stables (zircon, rutile, anatase) et résistants (tourmaline), avec
une forte proportion de minéraux opaques cassés et altérés.
Les alluvions des terrasses de la Sarre inférieure et de la Moselle
allemande ont des cortèges beaucoup plus diversifiés, les alluvions
ayant été alimentées par les grès et conglomérats
du Buntsandstein, le socle dévonien du Massif schisteux, le Permien
sédimentaire et volcanique du Bassin de Sarre-Nahe, et également
par le socle vosgien pour la vallée de la Moselle. On peut distinguer
trois types de spectres minéralogiques : (1) les cortèges des
alluvions des plus hautes terrasses sont surtout composés de tourmaline,
de zircon et d’oxydes de titane, avec un pourcentage notable de minéraux
altérables (amphibole verte, grenat et staurolite à Diefflen,
amphibole et épidote à Oberheide) ; (2) ceux des moyennes et
basses terrasses de la Sarre inférieure et ceux des moyennes terrasses
de la Moselle antérieures à la capture sont plus diversifiés,
renfermant notamment du pyroxène et parfois de l’amphibole, ainsi
que quelques minéraux du socle vosgien pour les terrasses de la Moselle
; (3) ceux des plus basses terrasses de la Moselle, postérieures à
la capture, sont encore enrichies par des apports significatifs provenant
du socle vosgien (amphibole [ou hornblende] « vosgienne » et
grenat), des formations paléozoïques des bassins de la Sarre
et de la basse Moselle et peut-être des éruptions de l’Eifel
(pyroxènes et amphiboles basaltiques).
ABSTRACT: New studies of heavy minerals of quaternary alluvial
deposits in the Moselle basin (NE France) provide a better understanding
of their origin and deposition. The sampling took place in five distinct
areas: the Lorraine slope of the crystalline Vosges (Cleurie valley), the
western piedmont of the sandstone Vosges, the valleys of the Upper and Lower
Sarre, as well as the Lower Moselle valley. Upstream of the Moselle basin,
the sands sampled in drifts of the composite moraine of Pré J’Espère
(Cleurie valley) are mainly composed of tourmaline and zircon. These minerals
come from alterites of the crystalline bedrock of the Middle Vosges and were
reworked by ice at the time of a phase of englaciation. Two samples respectively
of subglacial till and ablation till give a more diversified mineralogical
spectrum. The samples from the piedmont cones of Northern Vosges and Upper
Sarre valley comprise only minerals resulting from the weathering of the
Trias sandstones sensu lato: stable (zircon, rutile, anatase) and resistant
(tourmaline) minerals, with a strong proportion of broken and deteriorated
opaque minerals. The alluvial deposits of the terraces of the Lower Sarre
and German Moselle contain much more diversified mineral species: the deposits
were fed by Buntsandstein sandstone and conglomerate, Devonian rocks of the
Rhenish Massif, sedimentary and volcanic Permian beds of the Sarre-Nahe Basin,
and in the Moselle valley by the Vosgian bedrock. In these terraces, three
types of mineralogical spectra are observed: (1) the deposits of the highest
terraces contain essentially tourmaline, zircon and titanium oxides, with
a significant percentage of alterable minerals (green amphibole, garnet and
staurolite at Diefflen, amphibole and epidote at Oberheide); (2) the deposits
of the middle and lower terraces of the Lower Sarre and those of the middle
terraces of the Moselle prior to the capture, are more diversified and contain
particularly pyroxene and sometimes amphibole, as well as some minerals of
the Vosgian bedrock; (3) the deposits of the lowest terraces of the Moselle
subsequent to the capture, have a composition even more enriched with additional
species like “Vosgian” amphibole (or hornblende) and garnet coming from the
Vosgian bedrock and like pyroxene and basaltic amphibole coming from the
Paleozoic formations of the Sarre and the Moselle basins et perhaps from
the eruptions of the Eifel.
Henri-Georges NATON, Stéphane
CORDIER, Laurent BROU, Freddy DAMBLON, Manfred FRECHEN, Anne HAUZEUR, Foni
LE BRUN-RICALENS, François VALOTTEAU in collaboration with Robert
BAES, Franziska DÖVENER, Jean KRIER
FLUVIAL EVOLUTION OF THE MOSELLE VALLEY IN LUXEMBOURG DURING LATE PLEISTOCENE
AND HOLOCENE: PALAEOENVIRONMENT AND HUMAN OCCUPATION.81-92
L’ÉVOLUTION DE LA VALLÉE DE LA MOSELLE LUXEMBOURGEOISE DURANT
LE PLÉISTOCENE FINAL ET L’HOLOCÈNE : PALÉOENVIRONNEMENT
ET OCCUPATION HUMAINE
ABSTRACT: Located in the Moselle valley
in Luxembourg, the Wintrange basin has been the subject of systematic geoarchaeological
investigations for the last fifteen years. According to observations made
upstream, the study area could represent a system of lower terraces build
up of two stepped alluvial formations (M2 +10m, M1 +3-5m). A recent synthesis
of paleoenvironmental studies done on the M1 formation has produced a chronological
framework (radiocarbon and IRSL dating) and permits to precise the stages
of morphosedimentary and environmental evolution for this part of the basin
since the end of the Weichselian. This preliminary synthesis presents the
sedimentary units of the lower terraces M1, the present state of knowledge
on the dynamic and the chronology for the deposits, as well as an assessment
for the human occupation and its impact on the landscape. The work study
shows that there is an important hiatus for the Lateglacial and the beginning
of the Holocene for this part of the Moselle valley.
RÉSUMÉ : Situé dans
la vallée de la Moselle luxembourgeoise, le bassin de Wintrange fait
depuis une quinzaine d’années l’objet d’études géoarchéologiques
systématiques. Selon les observations en amont, le secteur d’étude
présenterait un système de basses terrasses constitué
par un ensemble de 2 nappes alluviales étagées (M2 +10m, M1
+3-5m). Un récent travail de synthèse des études paléoenvironnementales
menées notamment sur la nappe M1 a permis d’établir les bases
d’un cadre chronologique (datations radiocarbone et IRSL) et de préciser
certaines étapes de l’évolution morphosédimentaire et
environnementale dans cette partie du bassin depuis la fin du Weichsélien.
Cette synthèse préliminaire présente les unités
sédimentaires de la basse terrasse M1, l’état actuel des connaissances
sur la dynamique et la chronologie de mise en place des dépôts
ainsi qu’un bilan de l’occupation humaine et de son impact sur le milieu.
Il ressort d’ores et déjà en l’état actuel des travaux
qu’il existe un important hiatus pour le Tardiglaciaire et le début
de l’Holocène dans cette portion de la vallée de la Moselle.
Serge OCCHIETTI, Emmanuelle KULINICZ
TERRASSES ET ÉPANDAGES ALLUVIAUX ANTÉRIEURS
AU RISS/SAALIEN, À LA PÉRIPHÉRIE NORD-OUEST DES VOSGES,
FRANCE.93-116
PRE-SAALIAN/RISS TERRACES AND ALLUVIAL FANS ON THE NW MARGIN OF THE VOSGES
MOUNTAINS, FRANCE
RÉSUMÉ : Entre
Sarrebourg et Épinal, à la périphérie nord-ouest
des Vosges, de nombreux dépôts anciens ont été
décrits sous des appellations variées, avec des âges
attribués allant du Mindel au Pliocène. L’inventaire systématique
de ces données, complété par des levés de terrain,
a permis de différencier plusieurs faciès et formes de relief
dont le sommet est à une altitude relative supérieure à
60 m par rapport aux basses terrasses actuelles. Les dépôts
comprennent des alluvions grossières à galets, des graviers
peu classés, des sables et parfois des lentilles de silt sableux blanc.
Les structures sédimentaires, relativement perturbées par le
tassement dû à la dissolution ou à l’altération
d’une partie du matériel initial, sont à stratification en
faisceaux arqués, avec des structures d’affaissement, de cryoturbation
et parfois de chenalisation. Le matériel grossier est composé
en majorité de quartz et quartzite provenant du Conglomérat
principal du Buntsandstein, avec des galets très altérés
de grès et exceptionnellement de granite. Le matériel est globalement
très lessivé. Une couverture silteuse, de un à plusieurs
mètres d’épaisseur, coiffe ces unités. Ces formations
anciennes sont associées à plusieurs types de formes construites
: un épandage fluvioglaciaire en terrasse (Épinal, Moselle)
prolongé en aval par des lambeaux de terrasse (Charmes), des lambeaux
de cônes latéraux et de terrasses (vallée de la Meurthe)
et des épandages de piémont en inversion de relief (Tanconville
- Cirey-sur-Vezouze,
Arentèle et Mortagne). L’origine fluvioglaciaire de ces derniers reste
à démontrer en raison de la quasi absence, originelle ou due
à l’altération, de matériel provenant du socle cristallin
des Vosges. Un âge minimal Mindel/Elstérien (fin du stade OIS
12) est attribué à la terrasse fluvioglaciaire d’Épinal
d’altitude relative de +60 m. Les épandages de piémont à
80 m d’altitude relative, blanchis dans les lithozones inférieures,
sont très probablement plus anciens, ils pourraient dater du stade
glaciaire OIS 16 du Cromérien.
ABSTRACT: Between Sarrebourg and Epinal, on the
northwest margin of the Vosges Mountains, several old deposits were described
and named piedmont fans or old terraces. Given ages were comprised between
Pliocene and Mindel. A systematic inventory of the written data and field
work allowed to classify the old deposits and related forms which are situated
60 m or more over the lower terrace of the present rivers. The old deposits
are poorly stratified and sorted, they comprise coarse cobble, gravel and
sand, with lenses of white sandy silt. The sedimentary structures, mostly
stacked beds, are disturbed by the decay of a part of the material, by sinking
figures and frost action. The deposits are mainly composed of quartz and
quartzite cobbles and gravel originating in the Conglomérat principal
of Buntsandstein, and of some sandstone and rare rotten granite cobbles.
The deposits are mostly leached. A silt cover, from one to several metres
thick, overlies these units. The coarse deposits are related to terrace outliers
of a glaciofluvial fan (Épinal, Moselle) which can be followed downstream
(high terrace remnant at Charmes), outliers of lateral fans and terraces
in the valley of the Meurthe River, and piedmont fans and outliers which
are in inverted relief (Tanconville - Cirey-sur-Vezouze, valleys of the Arentèle
and Mortagne Rivers). Due to the lack of stones from the crystalline basement
of the Vosges Mountains, the glaciofluvial origin ascribed to the deposits
which built the fan systems of Tanconville - Cirey-sur-Vezouze, Arentèle
and Mortagne Rivers, is not univocal. A minimum Mindel/Elsterian age (end
of OIS stage 12) is ascribed to the +60 m glaciofluvial terrace of Épinal.
The +80 m piedmont fans, with bleached sediments in the lower lithozones,
are probably older: a tentative Cromerian age (glacial OIS stage 16) is proposed.